Djerba à travers le temps ...

L’île de Djerba était connue jadis par de nombreuses appellations.

Homère l’a évoquée à partir du VIIIème siècle av. J.C, dans son Odyssée lors de la visite d’Ulysse à l’île en la désignant par l’île des Lotophages mangeurs de lotus.

Pendant le Vème siècle av. J.C, elle portait le nom de l’île Phla. Mais à partir du IVème siècle av. J.C., parut le nom de Méninx à la fois capitale et nom de l’île.

Cette appellation a subsisté jusqu’à l’apparition du nom Girba mentionné sur une inscription, trouvée lors des fouilles du fort Ghazi Mustapha et qui remonte au IIIème siècle ap. J.C. Girba devint Djerbah, puis Djerba et elle garda ce nom jusqu’à aujourd’hui.

Depuis le VIIème siècle av. J.C., l’île a connu un essor commercial et elle fut un point de transit entre les pays sub-sahariens et la Méditerranée, sous l’égide de Carthage.

Mais, avec l’arrivée des Romains dans l‘île vers 46 av. J.C, la vie économique avait encore évolué, étant donné l’intérêt que les nouveaux conquérants donnèrent à l’agriculture et essentiellement à l’olivier et à l’exploitation de son huile.

Plusieurs des rites et coutumes reliés à ses pratiques furent héritées depuis cette époque et on garde quelques une de leur traces jusqu’à nos jours.

À cette époque, la chaussée reliant l’île avec le continent a été édifiée et une implantation dense d’oliviers a été réalisée.

C’est durant les trois premiers siècles de l’ère chrétienne que l’île a connu son plus grand essor économique

Le Vème siècle ap. J.C., connu l’invasion vandale en l’an 455 ap. J.C qui toucha Djerba comme le reste du pays

Puis les Byzantins envahirent l’île en l’an 534 ap. J.C jusqu’à l’arrivée des arabes musulmans.

Djerba a été conquise par les Arabes en l’an 667 ap. J.C sous le règne de Mouawia Ibn Abi Sofiane par Ruwayfaa Ibn Thâbet Al Ansâri.

Ainsi, la majorité de l’île fut converti à l’islam et particulièrement à une doctrine puritaine appelée Ibadisme, qui compte parmi les doctrines spirituelles musulmanes.

Elle professe une religion sobre et un strict retour aux sources de l’islam.

Son nom provient de l’un de ses fondateurs, Abd Allah Ben Ibad Al Murri Al Tamimi. Historiquement, elle est liée au kharidjisme bien que politiquement et idéologiquement elle en fut différente.

L’île a connu au cours du XIème et XIIème siècle ap. J.C. des expéditions chrétiennes successives.

Puis les jours difficiles se sont poursuis puisque Djerba était, pendant le XVIème siècle ap. J.C, le théâtre de certains épisodes du conflit au sein de la Méditerranée opposant Ottomans et Espagnols.

Le fameux corsaire turc Khèyreddine Barbarousse, avec son frère, a pris Djerba comme base pour leur manœuvre au Maghreb, sur ordre du souverain hafside.

En conséquence, les Espagnols ont déclenché une expédition contre Djerba en l’an 1520 et elle fut récupérée en 1524 par les Ottomans, sous le commandement de leur gouverneur à Tripoli, Darghouth Becha.

Les conflits opposant Ottomans et Espagnols ne furent stoppés sur le sol de l’île qu’après la bataille décisive de 1560, au cours de laquelle Darghouth Becha réalisa la victoire grâce à l’aide des djerbiens pour clore un épisode dramatique de l’histoire de Djerba où elle fut pillée et massacrée.

Après la victoire des turcs en 1560, le pouvoir local fut translaté de la famille des Smoumni qui a régné pendant plus que trois siècles, à une nouvelle famille, les Ben Jloud, alliée des Turcs. Et ce de 1560 jusqu’à 1759.

La famille des Ben ‘Ayyèd lui a succédé pendant l’époque husseinite. Le système politique était passé du système de la Mechyakha, le statut de l’homme pieux et savant qui arbitre entre les habitants, au Gâyed, gouverneur de l’île chargé par le Bey de percevoir les impôts.

L’île, restée jusqu’à 1605 rattachée au gouverneur Turc de Tripoli, devint une partie de la province tunisienne.

Ainsi elle fut soumise, comme tout le pays, respectivement aux dynasties mouradite et husseinite jusqu’à l’établissement du protectorat français en 1881.

Pendant la période du protectorat français, les djerbiens avait largement contribué au mouvement national tunisien.

Après l’indépendance, l’île est devenue l’un des plus importants pôles touristiques.

 

(Texte d'auteurs multiples issus de recherche sur le web)